Pour son quatrième album, Yann Perreau s’entoure de nouveaux mots et de nouvelles voix. À genoux dans le désir fut construit autour de textes inédits du poète Claude Péloquin, à qui l’on doit Lindberg de Robert Charlebois et Louise Forestier. Parallèlement à ces relectures, Yann Perreau s’adjoint les services de chanteuses, qui contribuent subtilement aux chansons : Lisa LeBlanc, Ines Talibi, Eleni Mandell.
Le projet est ambitieux. Les albums de duos ne sont pas ce qu’il y a de plus mémorable et l’offre dépasse largement la demande, comme en témoigne la série Marjo et ses hommes. Puis la poésie de Péloquin, il faut la mettre en pop. Il faut l’inventer ce refrain. Yann Perreau préfère l’audace à la témérité. On commence où?
Par le début; charnelle et organique Vertigo de toi, avec Catherine Major, dont le pont trouve des airs du Breathe de Pink Floyd. Grandiose et envoutant? La rencontre est unique et sensible. Acrobates de l’éternité est une chanson pop parfaite. Les mots de Péloquin collent aux mélodies de Perreau. « À force d’escalader l’arbre d’aimer, on devient des acrobates de l’éternité ». Lorsque débute Ce sourire qui ne ment pas avec Eleni Mandell, on est déjà bien captivé par le groove d’À genoux dans le désir.
Avec sa sobriété, Qu’avez-vous fait de mon pays se distingue du lot, soulignant au crayon feutre le talent d’interprète de l’auteur-compositeur. Yann Perreau est grandiose et triomphant. Les moments moins forts du disque sont à l’ombre des bons coups. Tant mieux : Le bonheur est à côté, pas de l’autre côté s’inscrit dans le meilleur de Perreau.
Si certaines pièces laissent détachées, elles ont le mérite d’avoir une valeur poétique et des qualités pop. Les rencontres d’À genoux dans le désir sont marquantes et authentiques.
Site officiel : http://www.yannperreau.com/