Godspeed You! Black Emperor – Allelujah! Don’t Bend! Ascend!

J’étais pas mal jeune la première fois que j’ai lu le nom Godspeed You! Black Emperor. En fait, j’étais un kid qui feuilletait un magazine qui traînait chez mes parents, dans les années 1990. Le contexte et l’année ne sont pas précis, mais je me souviens d’avoir été marqué par le nom du groupe, par le fait qu’il provenait d’un obscur film sur des motocyclistes japonais, mais aussi par le terme Post-rock. L’article cernait le caractère mystérieux, presque mythique de la formation. Godspeed You! Black Emperor: ça sonnait bien, it felt right.

Ça m’a pris quelques années avant d’acheter mon premier GYBE, F♯ A♯ ∞, sur vinyle. J’ai usé mon exemplaire à la corde en réécoutant The Cowboy… des centaines de fois. C’est là une des grandes choses qui distinguent les disciples de l’autocrate sombre. Soit on se rapproche de l’obsession, soit on ne saisit tout simplement pas. Cette règle s’applique chez moi avec Allelujah! Don’t Bend! Ascend!

Ce ne sont pas les raisons qui manquent pour se laisser porter par le quatrième album de la légendaire troupe montréalaise. L’écoute est mémorable. L’offre Drone de GYBE est éloquente, autant dans les jeux d’ambiances (Inquiétante Strung Like Lights at Thee Printemps Erable), que dans la beauté du chaos (Their Helicopters Sing).

L’empereur est couronné sur les deux constructions épiques au coeur de Allelujah! Don’t Bend! Ascend!. Mladic s’installe tranquillement, on se laisse absorber par le climat trouble des oscillations menaçantes. La lourdeur s’amplifie, cédant place à une répétition tendue et saturée. Un riff de guitare se distingue de cette anarchie. Mladic devient soudainement rock et urgente : le deuxième mouvement est salutaire. Il est bel et bien en marche. Grandiose, GYBE. On frôle le psychédélisme, les rythmes pèsent fort, la proposition est minimaliste. La pièce d’ouverture conservait son point d’orgue pour la finale. Le superbe morceau est un brillant condensé de la proposition GYBE. La mêlée éclate et se fond dans un concert de casseroles.

Constat semblable sur We Drift Like Worried Fire, cinématographique et planante, avant de se transformer en symphonie éclatante et en conclusion baroque. La progression est resplendissante et réconfortante. On s’évade dans les espaces, oubliant tout ce qui est tangible.

L’offrande est intense. La légende est homologuée.

Allelujah! Don’t Bend! Ascend! en écoute : http://soundcloud.com/constellation-records/sets/godspeed-you-black-emperor/
Site officiel : http://www.brainwashed.com/godspeed/

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