Bernard Adamus – N° 2

Réglons ça tout de suite : le N° 2 de Bernard Adamus n’est pas Brun. Pas de Rue Ontario, ni de Cauchemar de course. Le contexte derrière l’enregistrement des deux disques est complètement différent. Le premier compact fut autoproduit, il y a deux ans, avant d’être réédité par l’étiquette montréalaise Grosse Boîte.

Les choses ont pas mal changé pour Bernard Adamus depuis l’arrivée de ce disque. Lauréat des Francouvertes en 2010, Révélation de l’année à l’ADISQ, Prix Écho de la SOCAN pour La question à 100 piasses, récompensant une sensibilité écorchée et une festivité trash, propre à ses chansons. C’est ainsi que débute l’écoute de N° 2, le deuxième disque du montréalais.

À vrai dire, Bernard Adamus nous donne l’impression de passer à la prochaine étape, à condition d’être complémentaire à ses titres précédents. La réalisation est brute et elle fait ressortir le soul blues et tourmenté du disque. L’approche mélodique est assez bien maitrisée pour transporter le groove de N° 2, sans enlever les qualités intimes du songwriting d’Adamus. Les Obliques représente bien ce choix, avec ses arrangements minimalistes, où l’on préfère laisser l’interprétation dicter le ton. On se promène entre blues lo-fi et rockabilly tordu, comme si N° 2 était la bande sonore d’une ballade dans la Nouvelle-Orléans sketch.

Les musiques de Bernard Adamus font preuve d’une belle constance sur N° 2. C’est toutefois sa plume qui s’est le plus affutée ; les images sont plus précises. La poésie trash est superbement mise en valeur, sans être un accessoire artificiel. La superbe Le scotch goûte le vent propose un grand texte, sous fond folk, où le montréalais multiplie les référents mémorables, « Asteur les fleurs sentent le sang pis l’amour me vexe autant qu’le temps ». Les textes d’Adamus sont de brillantes vignettes, au naturel, qui illustrent parfaitement ses histoires, interprétées avec une rythmique parfois hip hop, voire rock, mais surtout avec tout le soul du blues sudiste.

La somme des grooves, des ambiances et des chroniques donne autant de poids aux douze chansons. Ni urgent, ni nonchalant, Adamus est authentique et habite son disque. Tant mieux si N° 2 n’est pas Brun. Avec cette deuxième parution, Bernard Adamus s’impose et étonne.

Site officiel : http://www.bernardadamus.com/

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