Peter Peter – Une version améliorée de la tristesse

L’éloquence et l’ironie du titre du deuxième disque de l’auteur-compositeur-interprète montréalais Peter Peter viennent nous chercher, avant d’avoir démarré l’écoute. Il y a quelque chose de brut, mais travaillé dans l’idée de cette version améliorée de la tristesse. On déjà savait que ce Peter était un surdoué de la pop, comme en témoigne sa première parution éponyme, en 2011. Ne restait plus qu’à savoir s’il était possible pour lui de peaufiner les hameçons de Homa et autre Tergiverse, chansons qui s’étaient démarquées du lot. Ici s’arrête le jeu des comparaisons.

Une version améliorée de la tristesse est une jolie collection d’arrangements feutrés et aérés, de synthétiseurs vaporeux et de paroles qui donnent une texture imposante à l’oeuvre de Peter Peter. Les mélodies évoquent le new wave et le post punk des années 1980, bien que modernisées grâce aux rythmes minimalistes et flâneurs qui accompagnent l’album. La pièce titre est envoutante avec sa lenteur et sa grisaille. Elle permet de découvrir tout le talent à l’écrit de Peter Peter grâce au refrain, véritable coup de génie. « Moi et mes amis travaillons fort à noyer la douleur et l’ennui. Nous forgeons au sein de nos ivresses une version améliorée de la tristesse ». Tout juste après, un saxophone vient donner une tout autre saveur au fini nostalgique de cette pièce. On retient l’esprit stadium rock dans l’ambiance d’un bal des finissants.

Cet album devient rapidement une véritable symphonie de synthés à laquelle s’ajoutent quelques guitares et boîtes à rythmes. Lorsque les énergies sont concentrées au bon endroit, chaque sonorité donne l’impression d’avoir été choisie pour exprimer une idée ou une émotion. La guitare jangle de Carrousel apporte une toute autre urgence à cette pièce qui se déroule dans les rues de Montréal. Rien ne se perd, rien ne se créer fut approchée de manière à conserver toute la sobriété et l’intimité de Peter Peter, rappelant Coeur de Pirate.

Par moments, Une version améliorée de la tristesse aurait besoin d’être peaufinée un peu plus. La musique ne suit pas toujours l’intensité des paroles. Ce deuxième disque est particulièrement mémorable lorsque Peter Peter trouve sa vitesse de croisière, entre la nostalgie en 8mm et l’espoir, à l’intérieur de la pop électro. La pièce titre demeure un grandiose hymne qui place Peter Peter dans une classe à part.

Site officiel : http://www.peterpeter.ca/

About these ads

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s