Propagandhi – Failed States

J’ai dû développer mon appréciation de Propagandhi avec le temps. Oui, au secondaire, Back To The Motorleague et Fuck The Border étaient régulièrement dans mes listes d’écoute et je ne pouvais pas m’empêcher d’établir un rapport entre ma colère d’adolescent et Anti-Manifesto, mais il m’en a fallu beaucoup plus pour vraiment embarquer dans la revendication parfois paternaliste du groupe manitobain.

Car oui, on peut adresser mille et un reproches au propos contestataire de Propagandhi, parfois lourd ou rigide, mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une des rares formations à avoir pu renouveler continuellement son message, sans déformer son arrière-pensée. Failed States, sixième album et premier sur l’étiquette américaine Epitaph Records, s’inscrit donc comme une suite logique à Supporting Caste, paru en 2009.

Musicalement, Propagandhi est impeccable, comme d’habitude. On savait déjà que les quatre membres étaient de véritables techniciens de leurs instruments et qu’ils déformaient les structures de leur punk rock influencé par le hardcore et le trash métal. Failed States propose un bel équilibre entre les différentes impulsions du groupe winnipegois, tout en s’annexant subtilement d’autres territoires. Dark Matters délaisse la rapidité d’exécution pour un rock mélodique qui se rapproche beaucoup plus de Natural Disasters que de A Speculative Fiction. Avec sa progression lente, parfois ambiante, Note To Self est bien loin de la lourdeur à laquelle Propagandhi nous a habitués.

C’est toutefois les pièces comme l’épique Duplicate Keys Icaro ou Things I Like et ses airs de punk à roulettes qui rappellent que les Manitobains continuent de donner le ton. C’est peut-être là la grande révélation de Failed States : après l’ajout d’un deuxième guitariste en 2006 et près de vingt ans après la sortie de How to Clean Everything, Propagandhi est toujours au sommet de sa forme.

Ce sixième disque est bien loin d’être parfait, loin de là. Quelques longueurs privent certaines des pièces de toute l’intensité dont elles ont besoin. Les chansons chantées par le bassiste, Todd Kowalski, demeurent à l’ombre de celles de Chris Hannah. N’empêche que c’est encore pas mal bon Propagandhi, même si ça n’a plus le même charme qu’il y a une dizaine d’années. Leur punk rock frappe toujours fort et le propos se tient debout, particulièrement lorsque le groupe préfère l’éloquence à l’arrogance. Dans les bacs le 4 septembre.

Site officiel : http://propagandhi.com/

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