The Shorty Tubbs – Stubble Bath

Le Mumblecore n’aura jamais été aussi efficace. The Shorty Tubbs est un (genre de) collectif de la région de Fredericton, au Nouveau-Brunswick. Réunissant des membres de Piper Perabo, Motherhood, The Trick et The Westerberg Suicides, le quatuor a réussi le tour de force d’imposer Stubble Bath, son premier album dans ma liste d’écoute de la dernière semaine, par-dessus les finalistes au prix Polaris 2012.

Le groupe frappe fort sur Stubble Bath, comme si Jean Leloup était anglophone et avait préféré poursuivre dans l’urgence de L’amour est sans pitié. À mi-chemin entre le rock garage et les power ballads, l’unicité de The Shorty Tubbs est présente, sans empêcher d’entrer pleinement dans ce monde festif et déconstruit. Entre les déclarations d’amour aux chats (Big Boned Girl) et les récits épiques (Omyo Mei), le groupe utilise des référents régionaux, de manière universelle.

Il y a une vendetta contre la Trail Patrol, qui arpente les pistes cyclables de la région, se transformant en un hymne contre la gestion des municipalités. The Shorty Tubbs rend hommage à un rite de passage annuel pour les anglophiles dans la région de Fredericton, le E.L.P. (English Language Programme), où l’on « squeeze the English out of me ». L’occasion est idéale pour rappeler la présence d’un certain Pierre Poutine, homme légendaire, soudainement disparu du radar. Les paroles du chanteur et guitariste, Marc Bragdon, sont mémorables, utilisant des images précises et fortes.

Musicalement, la formation est irréprochable, offrant un bon dosage d’appâts pop à l’aide d’une livraison brute. Sans compromis, The Shorty Tubbs, navigue efficacement dans le rock fuzzé, avec un solide travail d’harmonies vocales, qui apporte une tout autre dimension à leur démarche. Les riffs de guitares saturées restent en tête et nous engagent pleinement lors de l’écoute, soutirant même quelques instants d’air guitar. Le quatuor allie des pièces plus directes et contagieuses qui descendent directement du punk, tout en offrant des constructions plus ambitieuses, sans dénaturer sa nature rock.

Stubble Bath est jusqu’à présent la parution locale la plus étonnante de l’année et sera vraisemblablement dans mes listes d’écoutes pour les semaines à venir. L’album, disponible en téléchargement à contribution volontaire, propose six versions inédites en bonus. Ne reste plus qu’à entonner le refrain de It’s Only Puppy Love une autre fois et se laisser porter par The Shorty Tubbs.

Page Bandcamp: http://theshortytubbs.bandcamp.com/

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