Lisa Leblanc – Éponyme

La dernière fois que j’ai jasé avec Lisa Leblanc, c’était dans un café du centre-ville de Moncton, à l’été 2009. À l’époque, on avait jasé de sa nouvelle guitare Gretsch orange, des grandes qualités de Mario Chenart et de la canicule qui frappait la région. Presque trois ans plus tard, Leblanc se prépare à lancer son premier album solo, faisant suite à sa victoire au Festival de la chanson de Granby en 2010 et à une impressionnante série de spectacles. Il faut dire qu’elle a toujours eu ce petit quelque chose qui la distinguait du reste des auteurs-compositeurs. Déjà, lors de sa participation à Accros de la Chanson, elle proposait une histoire d’amour tordue entre une fanatique et le chanteur préféré de celle-ci. En 2008, lorsque je me suis lancé à l’animation du spectacle du 15 août des fous, elle était la plus authentique parmi les artistes sur place, mais aussi celle qui était le plus enthousiaste à l’idée de monter sur scène. Ça ne semble pas s’être essoufflé, comme en témoigne son premier album, réalisé par Louis-Jean Cormier, en vente mardi prochain sur étiquette Bonsound Records.

Au-delà des couleurs régionales et du côté trash de son folk, deux éléments trop souvent soulignés par les médias, il y a avant tout une grande intelligence et une grande sensibilité dans les textes du disque, plus frappant que l’accent ou l’aspect coloré des paroles. Oui, Lisa Leblanc assume pleinement son humour et elle frappe : la platitude du quotidien, les chansonniers, les motels cheaps, l’écriture des chansons d’amour. Les treize chansons bénéficient de toute son authenticité et de tout son naturel, plus invitant que désarmant. Les vraies surprises viennent lorsque Leblanc endosse une certaine susceptibilité, musicale et intérieure. « Lignes d’Hydro » est une grande chanson, complète, où l’on entre dans plusieurs états d’esprits, liés par les fils électriques qui meublent les routes, sur un fond rock hypnotisant. Si on aime la véracité de Lisa Leblanc quand elle chante « Aujourd’hui, ma vie c’est d’la marde », le recul offert sur « Kraft Dinner » et « Avoir su » est bouleversant d’honnêteté et sincère.

C’est d’ailleurs cette véracité qui permets aux « Cerveau Ramolli », « Motel » et « J’pas un cowboy » d’avoir une deuxième vie. Car au-delà du choix de vocabulaire, les paroles nous restent en tête, l’interprétation rentre dedans et la réalisation est juste. Très roots, on a évité de surcharger le disque avec des tas de prises de sons, préférant la simplicité de la guitare, basse et du banjo. Choix judicieux. Talent brut, pour talent brut, Lisa Leblanc écrit d’excellentes chansons qui n’auraient pas la même portée entre les mains d’un autre chanteur. La formule n’est pas épuisante, mais elle s’essouffle. Une ou deux nuances de plus auraient pu être nécessaires.

Site officiel : http://www.lisaleblanc.ca/

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