Fréquences 2011: Marine Dreams – Éponyme

Mon histoire d’amour avec Attack in Black remonte à l’automne 2007. Nous étions entre amis, sorti voir un concert dans un bar de Moncton, chacun pour des raisons différentes. J’étais venu avant tout voir Saint Alvia, mais un collègue blogueur m’avais dit d’attendre Attack in Black, groupe ontarien à mi-chemin entre le punk et le folk. On devait être dix dans le bar, pas plus. Vers minuit, les gars originaires de Welland en Ontario montent sur scène et en les voyant, je ne savais plus trop à quoi m’attendre. Le batteur donne les premiers coups de "Broken Things" et à ce moment, ils sont devenus un de mes groupes canadiens préférés et je n’avais plus du tout en tête Saint Alvia.

C’est peut-être le froid de l’automne ou l’intimité du concert, mais j’ai eu l’impression de vivre quelque chose d’unique pendant cette soirée. "Marriage", le premier album complet d’Attack in Black a ensuite été le disque que j’aurai le plus écouté lors de cet automne 2007.

Après avoir mis de côté leurs influences punk et pris une pause de la formation, les membres restants se sont mis à lancer des tas d’albums en solo. Daniel Romano touche au country, Spencer Burton fait du folk minimaliste avec son projet Grey Kingdom et Ian Kehoe lançait en 2011 son premier album solo sous le nom Marine Dreams. L’ancien bassiste d’Attack in Black, c’est celui dont le projet se rapproche le plus du folk-punk d’Attack in Black. Il le fait bien différemment, de manière un peu décousue avec énormément d’intensité.

Il y a des ballades folk où on laisse beaucoup d’espace pour les jeux de sonorités entre guitares acoustiques et guitares électriques (No Face), où on retrouve une interprétation authentique et assez d’atmosphère pour nous permettre de se fermer les yeux et d’apprécier les subtilités de la réalisation. Le tout dans un contexte rock mémorable et unique. Marine Dreams mets en vitrine des chansons qui viennent nous chercher individuellement, lors de moments très solitaire.

Une des grandes forces sur cet album, c’est qu’Ian Kehoe est constamment habité par chacune de ses chansons. "I Can Laugh" résume l’histoire d’une personne constamment sur la route, qui parle à un être cher des merveilles qu’il observe pendant ces voyages, dont il profite à moitié, car il aimerait les partager. Avec cette thématique en tête, sont interprétation et son écriture ne donne pas droit à des excès, mais à une chanson d’amour exceptionnelle. Kehoe se débrouille plutôt bien comme interprète, mais il laisse son disque parler dans un ensemble. Cette absence de lacunes permets à tous les éléments de "Marine Dreams" de ressortir pleinement.

Chacune des dix chansons est bouleversante. La pièce titre, "Marine Dreams" semble résumer parfaitement l’esprit du projet. La basse est saturée, la batterie est lourde, pourtant il y a énormément de chaleur et d’intimité dans l’interprétation d’Ian Kehoe. "Yet to see the sun", frappe à chaque fois qu’il frôle sa guitare acoustique. "Sudden Dark Things" avec ses guitares saturées et son introduction punk laissent place à un pont où tout son talent de mélodiste est ouvert et présent.

Kehoe était la plume d’Attack in Black. On retrouve constamment cette écriture sombre et poétique. Les mots de son premier album solo sont tellement puissants et évoquent des histoires d’amour du passé, des moments troubles où quelques lueurs d’espoirs ressortent. Marine Dreams, c’est le narrateur des moments forts et le porte-parole de la poésie de Ian Kehoe. Ils sont rares ces auteurs qui ont un propos à la fois précis et qui laisse place à l’interprétation de l’auditeur. L’excellente "Season in Hell" le démontre bien: "And for a season in hell to pass, i’ll have to have a heart at last".

Au lieu de se laisser emporter par les émotions qu’il interprète, Kehoe le fait de manière réservée et intelligente, pour notre plus grand plaisir. Il nous donne cette impression d’un être parfois en marge, qui connaît la musique pop et chacun de ses recoins. Entre la mélancolie, les remises en question, les tourmentes et les refrains mémorables, il y a un excellent disque, passé trop inaperçu à mon goût. L’album éponyme de Marine Dreams fut une très belle surprise, maintenant un pilier de ma collection de disques.

Critique originale: http://500khz.wordpress.com/2011/10/17/marine-dreams-eponyme/
Site officiel: http://www.myspace.com/marinedreaming

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