Monster Truck – The Brown EP

Il y a parfois des groupes où tout ce qu’on nous présente semble tellement exagéré qu’on se dit que ça ne peut pas. Spinal Tap, ce n’est pas un référent esthétique. C’est avec cela en tête que j’ai écouté le deuxième EP du groupe Monster Truck, « The Brown EP ». Quand on me parle de camions gigantesques et de brun, je pense plutôt à un relais routier qu’à un groupe rock. Pourtant, les quatre mauvais garçons d’Hamilton nous en mettent plein la vue et on a raison de leur accorder énormément d’attention ces jours-ci. Le groupe fait maintenant parti de l’écurie « Dine Alone Records » et prépare une tournée pan-canadienne avec The Sheepdogs.

Monster Truck compte d’anciens membres de Saint Alvia et The Reason, deux groupes qui ont fait leur place sur la scène nationale à coup de tournées d’est en ouest. Ce qui était un projet temporaire en 2009 est devenu un groupe à part entière. Monster Truck incarne principalement le plaisir de jouer du rock avec assez de prétention pour offrir un bon spectacle.

Le deuxième EP des hamiltoniens à barbe nous rappelle qu’en matière de gros rock sale, on est aussi bien d’y aller à fond, avec tous les excès que ça implique. Cette recette fonctionne et Monster Truck n’y fait pas exception. Une fois cela dit, Monster Truck fait quelques trucs différemment. Le groupe compte parmi ses membres un organiste. Pas un claviériste, pas un multi-instrumentiste qui joue sur un synthétiseur mais bel et bien un organiste! Oui, comme Jon Lord de Deep Purple. Identiquement à ces derniers, l’orgue rempli le son du groupe et l’alourdi de plusieurs tonnes. Pour un groupe qui descend directement du classic rock, Monster Truck évite pas mal les solos de guitares, c’est qui n’est pas déplaisant, car n’est pas Jimi Hendrix qui veut.

L’interprétation des cinq morceaux frôle pas mal la perfection. C’est pas mal la même chose que nous entendons depuis les années 1970. Il y a bien sûr quelques nuances à faire, mais Monster Truck est bien installé là dedans, la pédale à fond. Ce n’est pas du rock d’aréna moderne, c’est le genre de musique qu’on retrouve dans le juke-box d’un bar d’un village reculé. « The Brown EP » c’est la preuve qu’on peut venir de l’école hard rock sans être incroyablement ringard.

Le groupe s’est adjoint les services du réalisateur Eric Ratz (Billy Talent, Cancer Bats) ce qui explique le côté lissé de ce EP. Il n’y a que le deuxième morceau du EP, « Love Attack » qui ne me séduit pas. Il y a un accrochage entre celui-là et la précision des autres chansons.

Voilà la grande difficulté que je note chez Monster Truck. Il pourrait y avoir un peu plus de concision à certains endroits. La construction n’est pas parfaite, même si le groupe fait la preuve de son talent sur l’avant-dernier morceau, « Righteous Smoke », avec ses gros riffs sans compromis, ses choeurs de groupe et son énergie à mi-chemin entre le blues-rock et le heavy metal.

Ce qu’il faut retenir c’est que quand Monster Truck est bien placé, ça brasse énormément et on a la curieuse envie de se faire pousser les cheveux et la barbe à notre tour. Quand le groupe perd de sa solidité, on est aussi bien d’aller écouter un disque de Deep Purple.

« The Brown EP » sera ré-édité par « Dine Alone Records » dès le 18 octobre 2011 avec un morceau supplémentaire mettant en vedette George Pettit de feu Alexisonfire. D’ici là, les deux EPs du groupe sont disponible gratuitement sur leur site internet.

Site officiel et téléchargements: http://www.ilovemonstertruck.com

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